POULAILLER MOBILE

EN AVANT LES HISTOIRES !

Ce qui rassemble les Humus Pays d’Oc, c’est leur volonté de participer à la transition et d’intégrer un réseau local de motivés qui œuvrent en faveur de la transition vers des territoires plus durables, autonomes et résilients.
Parmi les courants influents dans le milieu de la permaculture, l’agriculture de régénération en est un des plus installés dans le monde. Ce mouvement est souvent résumé au pâturage tournant : une bonne gestion d’un cheptel d’herbivores permet de régénérer des pâtures, améliorer la vie du sol, la qualité du fourrage, et la pérennité de nos paysages. Voici un petit retour d’expérience de gestion d’un terrain grâce à des poules… Des fermes emblématiques comme la « Polyface Farm » de Joel Salatin, combine un mouvement de plusieurs troupeaux d’animaux : vaches, poules, cochon, lapins … Ce ballet minutieusement orchestré dans cette ferme démontre les possibilités de superpositions de productions. Plus près de chez nous, nous avons Jessie et Andy Darlington qui excellent dans la gestion de de troupeaux de brebis. Ici nous ne rentrerons pas dans les détails de ce genre de ferme, mais nous parlerons d’un élément que nous avons été plusieurs dans l’association à tester : le poulailler mobile.

Sur notre ferme, nous valorisons une friche à l’état de fruticée, les arbres fruitiers sauvages sont greffés, et d’autres sont implantés par nos soins. Mais bien sûr, si l’on ne fait rien la nature reprend ses droits, et nos précieux fruitiers finiraient étouffés par ronces, frênes et autres pionniers.

Aussi nous avons choisi de faire évoluer un troupeau de poules à l’aide de clôtures électriques, et d’un poulailler mobile. Une clôture de 50m permet de faire un enclos assez grand pour que 10 poules restent sur une zone 1 semaine, deux clôtures de 50m mises bout à bout permettent de faire un parcours pour 40 poules pour une même durée.

Notre poulailler mobile (photo ci-contre) est composé de deux palissades en tôle fixées sur un châssis démontable et d’une série de perchoirs qui se fixent sur ce même châssis. Cela peut sembler un peu rustique, mais sous nos conditions climatiques, un poulailler a pour principale fonction de protéger de la pluie. Les problèmes de prédation sont réglés par la clôture électrique. L’un des grands avantages de cette structure simple c’est qu’elle est facilement lavable et n’offre que peu de refuge pour les parasites. Cette structure démontable permet de se faufiler au milieu de la friche avec une paroi puis l’autre.

Une fois par semaine environ nous déplaçons donc nos poules : nous déplaçons en premier lieu la clôture, puis nous mettons le poulailler au pied d’un arbre fruitier ; celui-ci profitera d’une semaine de fumure par tout le troupeau gratuitement !!! Une fois le nouvel enclos en place avec abreuvoir et mangeoire, nous faisons appel à notre chienne qui rassemble les poules pour les ramener dans le nouvel enclos. Cette opération entière prend entre 1 et 2 h en fonction de l’état de la friche, et de la docilité des poules (les jeunes poules n’aiment pas souvent être guidée par notre chienne…).

Dans notre association, Damien possède un poulailler mobile monté sur un châssis de remorque (photo ci-dessous), ce qui permet d’augmenter le cheptel, et déplacer la structure avec un engin motorisé. Son système est bien adapté à son terrain et je vous invite à vous pencher sur ce genre de modèle si votre domaine partage les mêmes caractéristiques : espace dégagé, plat, chemins bien définis.

La régularité de déplacement du troupeau dépendra de votre appréciation : un grand parcours pour les déplacer moins souvent ou bien un petit enclos qui fait un travail précis mais qui demande un déplacement hebdomadaire… Le sujet mériterait d’être traité plus longuement (dans un prochain article !) mais sachez que pour une question de bien-être de la vie du sol et de votre cheptel, il vaut mieux de petits enclos avec une bonne densité de poules que l’on déplacera le plus fréquemment possible. Sur notre ferme nous les déplaçons lorsque les poules font remonter de l’herbe, de la mousse et de petits bouts de bois en surface. Cette matière organique mélangée à leurs excréments est équilibrée en carbone et azote et sera utilisée au potager comme mulch.

Les principaux avantages que l’on retiendra de ce type d’élevage seront :

  • un entretien minutieux de nos parcelles : moins de travail mécanique, une fumure directe des arbres fruitiers et un contrôle des insectes parasites qui sont mangés par les poules : les fruits atteints tombent à terre et les poules mangent la larve qui s’y loge, limitant ainsi leur propagation
  • du paillage pour le potager gratuit et local
  • un bon état sanitaire pour les poules car les colonie de parasites n’ont pas le temps de se développer, leurs cycles sont stoppés puisque les poules sont régulièrement déplacées
  • Une alimentation équilibrée : les poules ont toujours accès à de l’herbe verte garantissant un apport de protéines, surtout au début de leur déplacement – la ponte en est d’ailleurs boosté après chaque déménagement
  • Une économie de nourriture : chez nous, nous ne nourrissons qu’au blé notre cheptel de pondeuse, elles complètent leur alimentation avec ce qu’elles trouvent sur place (insectes, herbe verte, fruits selon les saisons…)

Il y a tout de même quelques inconvénients :

  • la place : comptez 1000m² pour 10 poules avec une rotation sur 1 an
  • la manutention: chaque semaine il faut compter 1h de travail pour 2 personnes
  • la prédation : le risque survient lorsque les poules volent au-dessus de la clôture ; il faut donc veiller à leur couper les plumes d’une aile (opération à renouveler environ 2 fois par an)

Ce petit article montre qu’en permaculture aucun élément de nos fermes ne doit être considéré comme seul. Ici, l’élevage de poules est indissocié de la vie du sol, du potager et des arbres fruitiers.

Bon soin de vos poules et à bientôt pour un nouvel article !

Clément pour les Humus Pays d’OC

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4 commentaires sur “Poulailler mobile… en avant les histoires !”

  1. Bonjour les Sapiens,

    Je ne comprends pas les 1000m² pour 10 poules par an ? Cela signifie que sur 52 semaines/an, il faudra faire des enclos de 20m² pour 10 poules ? (1000/52 environ 20)

    Merci
    Julien

    1. Salut Julien.
      Alors dans la théorie tu as raison, en pratique j’avais un enclos d’une 100aine de m² pour 10 poules que je déplacé un peu moins souvent, et qui passait plusieurs fois au même endroit dans l’année toujours en faisant gaffe de pas détruire la pâture mais plutôt en l’améliorant j’ai estimé que 10 poules sur 1000m² avait un impact positif. maintenant je suis passé à 100 poules l’été, et 40en hiver. Mes enclos font 625m² environ et je tourne sur 2ha environ. Ce sont des ordres de grandeur valable chez moi, en été il fait super sec et l’herbe ne pousse plus, il faut vraiment que je fasse gaffe et en hiver avec le ruissellement les poules peuvent faire de gros dégâts, ces deux périodes sont sensible. Au printemps et à l’automne la pousse est plutôt bonne donc le terrain pardonne plus une mauvaise gestion. Après si tu laisse les poules longtemps sur un espace, le terrain mis à nu peut te permettre de faire un semis à grande échelle, et il ne faut pas négliger la quantité de fumure que les poules apporte… Bref je tatone encore…. mais j’espère que ce retours d’expérience en inviterons d’autres à tester.
      Clément (avec le compte d’Emilie 🙂 )

  2. Retour de ping : Mise en place d'une forêt fruitière à partir d'une friche | Humus Pays d'Oc

  3. Super article, merci pour ce retour d’expérience !
    Le petit poulailler mobile est très vertueux surtout sous les arbres, fruitiers ou non. Le filet doit quand même être déplacé régulièrement chez moi car je n’ai pas beaucoup d’herbe mais ça vaut le coup : du fumier gratuit, un désherbage sans effort, des bonnes trouvailles pour les poules !
    Mon poulailler est lui sur une petite remorque et je ferme les poules la nuit…
    J’ai toujours un petit doute sur le filet électrique : protège-t-il efficacement en toutes saisons, notamment celle des renardeaux ? Avez-vous des retours là-dessus car je crois que ceratins professionnels n’utilisent que ça?
    Nathalie

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