Greffer les fruitiers sauvages

Poirier sauvage greffé cette année

Tout aspirant permaculteur doit connaître Maurice Chaudière et ses greffes sauvages farfelues ! Châtaigner sur chênes, pistachier vrai sur pistachier térébinthe, ou encore tomates, poivrons ou aubergines sur tabac !!!!

Certains de ses types de greffes ont été reproduits, d’autres sont restés comme des mythes…

En tous cas, il y a de grands classiques surtout chez nous en Méditerranée qu’il ne faut pas manquer : le cerisier Ste Lucie (Prunus mahaleb) porte le cerisier commun, le poirier sauvage (Pyrus spinosa), le pommier sauvage ou encore l’amandier sauvage seront toujours d’excellents porte-greffes pour porter leur propre essence comestible. Mais il y a aussi des expériences à tenter avec l’aubépine qui prend bien le néflier d’Allemagne mais qui peut aussi supporter la poire et le néflier du Japon, et avec le prunellier qui porte plutôt bien toutes les variétés de prunes et supporte bien l’abricotier.

Pour les personnes proches de Lodève, il y a une association incontournable pour apprendre la greffe, les Paysarbre, qui ont été entre autre inspirés par Maurice Chaudière. Personnellement, j’ai moi-même été formé à la greffe par Andy Darlington, une personne incontournable dans le monde de la permaculture et je développerai dans un prochain article sa façon bien à lui de procéder.

Pourquoi greffe-t-on ?

Tout d’abord la greffe est une méthode qui permet de reproduire à l’identique une variété de fruits désirée à l’instar des boutures. Ce que ne garanti jamais le semis.

Ensuite il faut savoir que la majorité de nos arbres de pépinière sont greffés sur un porte greffe souvent sélectionné par l’INRA pour pouvoir adapter nos arbres favoris à différentes conditions : sol lourd/léger, canicule/gelées…

Enfin pour maîtriser la vigueur des arbres, par exemple un pommier, que l’on veut planter proche de notre maison, devra être greffé sur un porte greffe nanifiant si l’on ne veut pas un arbre qui deviendra immense et incontrôlable. En revanche, un pommier greffé sur « franc », c’est à dire greffé sur un pommier issu de semis, donnera des arbres immenses très adaptés pour faire un bel arbre de plein champs.

Les arbres des pépiniéristes ont donc énormément d’avantages mais ont tous le même inconvénient : leurs systèmes racinaires ont été contrariés à travers les multiples étapes de transplantation. Ce qui ne pose pas trop de problème en Bretagne le sera bien plus chez nous (à lire avec l’accent du sud) : en effet pour résister aux phénomènes de sécheresse, rien ne vaut un système racinaire performant. Et c’est là qu’on en vient à nos fruitiers sauvages qui peuplent spontanément nos friches : ces arbres sont nés à l’endroit même où ils sont actuellement : ils ont un système racinaire incroyable qui n’a jamais été perturbé et sont donc par définition d’excellents porte-greffes pour nos variétés fruitières préférées.

A la 3eme année les greffes commence à rentrer en production

Comment procéder?

La greffe la plus simple à réussir se pratique au moment où la végétation redémarre, dans notre région, mars est la bonne période pour commencer à greffer. Selon les essences et le type de greffes on peut prolonger la saison jusqu’à mai.

La greffe en elle même consiste à mettre en contact les cambiums (une partie juste sous l’écorce) du porte greffe en montée de sève avec un greffon encore en dormance.

Les greffons sont des bouts de bois de l’année, de la variété de l’arbre que l’on souhaite installer à la place de notre fruitier sauvage. Coupés pendant la période de dormance de l’arbre, ils sont stockés dans un endroit frais et humide afin de prolonger au maximum leur dormance.

Les gestes techniques de la greffe seront détaillés dans un prochain article, ils se trouvent d’ailleurs facilement sur internet , sur de très bon ouvrages, et même dans les bonus du film « l’éveil de la permaculture« .

De nos greffes, jailliront de chaque bourgeon une nouvelle branche. Bien conduites, celles ci porteront des fruits dans 3 ans!

Quel entretien?

Le porte greffe a une tendance à vouloir recréer de nouvelles branches à partir de son propre tronc, il faudra minutieusement les enlever les premières années sinon l’arbre sauvage reprendra le dessus. D’un point de vue de la taille, ces arbres se comportent comme des arbres de pépinières, leur vigueur peut être très impressionnante! Par contre, contrairement aux arbres transplantés, ils ne demanderont pas d’arrosage, leur système racinaire étant déjà en place.

L’entretien de ces arbres est donc minime, mais non nul : il faut donc prévoir de greffer des arbres que l’on pourra visiter de temps en temps au moins les premières années.

J’espère que cet article vous aura donné un autre regard pour aborder les friches!

 

Clément pour les Humus Pays d’Oc, réseau de permaculture de l’Hérault, Montpellier et ses environs

 

 

2 pensées sur “Greffer les fruitiers sauvages

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