Quelques conseils pour la taille des oliviers

A partir de fin février, c’est la période pour tailler vos oliviers !

Voici quelques conseils et informations récoltés pendant la démonstration de taille des oliviers animée par Jean-Michel Duriez (AFIDOL) et Cécile Combes (Fédération Oléicole Gard et Hérault) lors de la journée du 20 février à l’Institut Agronomique Méditerranéen de Montpellier (IAMM). L’IAMM est le lieu du projet de réhabilitation d’une oliveraie dont Humus Pays d’Oc fait partie.

Lorsqu’un olivier n’est pas taillé, c’est un buisson. Il ne présente donc pas naturellement un tronc principal avec des charpentières. La taille est donc nécessaire si vous souhaitez stimuler votre production d’olives.

Tout d’abord il y a autant de « tailles » que de « tailleurs » pour l’olivier. Il n’y a pas de méthode unique mais plutôt de grands principes.

– Une vision d’ensemble

Prendre du recul pour voir l’ensemble de l’olivier à tailler et observer les deux aspects essentiels : est ce que la lumière circule ? Est-ce que l’arbre est trop haut ? Se fixer un repère pour une référence de hauteur tout au long de la taille.

Ne pas rester au même endroit pendant la taille sinon on perd la vision d’ensemble. Le mieux est d’être à plusieurs.

– Savoir s’arrêter

Parfois, avec l’emballement, on cherche à tailler toujours plus. Mais il faut savoir d’arrêter et prendre du recul plutôt de que couper trop sévèrement votre olivier. Faites une pause !

– Simplifier la structure

Observer la charpente, le squelette de l’olivier et simplifier le nombre de charpentières.

Il ne faut pas que des branches se croisent. Cela peut arriver lorsque des branches du nord cherchent la lumière et croisent les branches du sud de l’olivier. Si vous souhaitez couper des grosses branches, mieux vaut commencer le sud de l’olivier pour dégager l’accès à la lumière pour le nord de l’olivier. Si vous coupez les branches du nord, les coupes risquent de se trouver à l’ombre des branches du sud. Dans le cas où elles repartent, elles risquent de croiser les branches du sud en cherchant le soleil.

– Hiérarchiser les coupes

On coupe de plus gros diamètre au plus petit diamètre pour les branches. Ne pas se focaliser sur les détails en premier.

– Faire circuler la lumière

Un grand principe est de faire circuler la lumière. Si la lumière est insuffisante sur certaines branches se trouvant à l’ombre, elles perdront leurs feuilles et se dessécheront. Une technique consiste à créer un puits de lumière au centre de l’olivier.

– Protéger l’écorce

Si les feuilles d’oliviers ont besoin de beaucoup de lumière, ce n’est pas le cas des troncs et branches. En effet l’écorce craint la lumière, surtout celle de juillet-août qui risque de chauffer et de faire sécher l’écorce. Une écorce brûlée entraînera une chute de production d’olives et la fragilisation mécanique des branches.

Si l’écorce est trop exposée, il est encore possible d’appliquer du « blanc arboricole » pour la protéger du soleil. Une autre alternative est de laisser certains gourmands et/ou flèches en tant qu’ombrelles puis on les enlève lorsqu’ils deviennent trop gros.

– L’état du bois et de l’écorce

Un bois en bonne santé sur l’olivier présente un aspect lisse. Un aspect en « peau de crocodile » est acceptable seulement sur le tronc principal. Sur une branche, cela n’est pas un signe de bonne santé. La présence de lichen sur une branche sera un signe supplémentaire de baisse de forme.

– Trouver un bon équilibre de taille

La production d’olives dépend de la croissance de l’année précédente c’est à dire n-1. Si on taille fortement un olivier on baissera la production et donc la récolte d’olives de l’année en cours. Si au contraire, on ne taille pas, beaucoup de fleurs seront obtenues donc une bonne récolte d’olives, mais on aura peu de nouvelles branches donc l’année suivante peu d’olives…

– Ce que les gourmands nous apprennent

Quand on a des gourmands, c’est un signe que la branche portant ces gourmands présente un problème de circulation de sève, le « circuit est coupé », la sève n’a plus d’endroit où circuler donc la branche produit des gourmands pour recréer l’équilibre hydraulique.

Si on a beaucoup de gourmands, alors la taille a été trop forte.

Si beaucoup de rejets sont présents au pied de l’olivier, cela révèle un gros problème de circulation.

– Les flèches

Les flèches sont des branches qui partent tout droit et dépassent souvent les autres. La majorité ne feront pas d’arcure et ne produiront pas d’olive. Elles produisent de l’ombre et sont donc à surveiller mais pas forcément à couper !

Si vous avez d’autres techniques ou manières de tailler, n’hésitez pas à partager vos expériences de taille d’olivier !

Le mieux est toujours de pratiquer et d’essayer. L’olivier n’est pas rancunier, il est quand même difficile de vraiment mettre en danger l’olivier si vous faites une erreur de taille. C’est surtout votre récolte d’olives qui en pâtira !

 

Cloé pour les Humus Pays d’Oc, réseau de permaculture de l’Hérault, Montpellier et ses environs

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *