La greffe en fente compliquée !

Je présente ici une technique de greffe particulière un peu complexe, ceux d’entre vous non familiarisés avec cette pratique seront sans doute un peu perdus. Je vous conseille de lire avant tout l’article sur la greffe des fruitiers sauvages

il y a 4 ans j’expérimente le concept, aujourd’hui on voit à peine le point de greffe

Lors de ma première saison de greffe je me suis loupé sur la conservation des greffons de pommiers. Ayant quand même envie de greffer j’ai tenté la greffe à partir de bois coupé le jour même, avec un pommier domestique que j’appréciais particulièrement. Le bois était encore en dormance a priori. Andy Darlington m’avait expliqué que les pépiniéristes pouvaient procéder ainsi notamment grâce à la greffe anglaise compliquée, qui augmente les surfaces de cambium potentiellement en contact. Par contre mes portes greffes n’avaient pas un diamètre approprié pour la greffe à l’anglaise compliquée. Du coup, j’ai tenté pleins de types de greffes où les surfaces en contact sont maximisées. Une méthode a montré de très bons résultats notamment pour la prise de la greffe mais surtout pour la cicatrisation, et la solidité de la branche obtenue.

 

L’idée est de partir sur une greffe en fente classique, mais sur les deux cotés du greffon on va décoller une languette comme la greffe à l’anglaise compliquée, sur le porte greffe on fait la même opération sur les bords qui vont accueillir le greffon, ainsi on a deux fois plus de surface de contact qu’avec la greffe en fente donc une prise assurée, mais aussi le greffon se coince tout seul contre le porte greffe, encore un facteur de réussite de la greffe.

Après 4 saisons de greffe j’ai un peu modifié le protocole, je décolle une languette que d’un coté, car rentrer les deux languettes en même temps était parfois compliqué.

Ainsi je greffe de manière privilégiée en fente avec cette méthode particulière, et mon taux de réussite étant très bon, je ne mets qu’un seul greffon par branche greffée.

La clef de réussite de cette greffe réside dans le fait que décoller une languette sur le greffon lui donne une souplesse qui lui permet de s’insérer en épousant la forme du porte greffe qui ne se fend pas souvent de manière droite et propre, surtout pour les vieux portes greffes style poirier à feuilles d’amandiers.

La suite se fait comme une greffe normale : on ligature (j’utilise du scotch d’électricien) et on mastique les plaies … (dites moi en commentaires si vous avez besoin de photos)

Cette méthode ne me prend pas plus de temps qu’une greffe normale, et son taux de réussite me donne assez confiance pour tester différentes compatibilités entre portes greffe sauvages et greffons domestiques. Ainsi je sais que si sur quelques tentatives la greffe ne prend pas j’attribue l’échec à un problème de compatibilité plutôt qu’à la greffe loupée.

 

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